De l'atelier au conseil
J'ai commencé à l'atelier. Un CAP de mécanicien fraiseur, un deuxième d'ajusteur outilleur, et des années sur des machines à électroérosion. On croit que ça ne prépare pas à conseiller des dirigeants. C'est une erreur : ça apprend la précision, et ça apprend ce que coûte une heure de travail.
Ensuite, tout ce qu'une vie d'entreprise peut contenir. Ma première société à 20 ans — une radio locale devenue franchise d'un grand réseau national. Mon cabinet de conseil à 23 ans. L'international, avec un contrat d'exportation de 5 000 véhicules vers la Hongrie, négocié avec une société d'État au lendemain de la chute du Mur. Le lancement d'une gamme grand public pour un industriel — 75 % de la France couverte en huit mois. Le développement national d'un groupe basé à Londres. Puis la direction d'une agence de conseil en communication dans l'Est : des dizaines de commerçants, d'artisans et de PME accompagnés dans leur publicité, leurs concepts, leurs outils d'aide à la vente. Et enfin le redressement d'un groupe du paysage en région parisienne : à mon arrivée, 650 000 € de chiffre d'affaires et 12 salariés ; avant la fusion, 2 150 000 € et 30 salariés.
Il y a aussi ce qu'on ne met jamais sur une plaquette : un dépôt de bilan, des contrôles fiscaux, des banquiers qui disent non, des fins de mois d'entrepreneur. Je ne le cache pas — c'est précisément ce qui me rend utile.
En 2008, j'ai basculé de l'autre côté de la table. Pas en face de vous : à côté. Parce que ce qui m'avait le plus manqué en vingt-cinq ans de direction, c'était un regard extérieur qui écoute tout, qu'on consulte avant les décisions, et qui ne décide jamais à votre place. Je suis devenu ce qui m'avait manqué.
