Comment fixer le juste prix de vos prestations (sans vous brader)

L'essentiel : un juste prix ne se copie pas sur la concurrence, il se calcule : coût de revient complet (toutes vos charges, votre rémunération comprise) + une marge pour les imprévus et l'avenir. En dessous de ce plancher, chaque vente vous appauvrit — même avec un carnet de commandes plein.

« Je n'ose pas augmenter, j'ai peur de perdre des clients. » Voilà une phrase que j'entends presque à chaque premier rendez-vous. Et pourtant, le prix trop bas est l'une des premières causes d'épuisement — et de disparition — des petites entreprises. On travaille beaucoup, le carnet est plein… et il ne reste rien à la fin du mois. La bonne nouvelle : fixer un juste prix n'est pas une question de feeling. C'est un calcul. Voyons lequel.

Le prix le plus dangereux, c'est celui de votre concurrent

La tentation est grande de regarder ce que font les autres et de s'aligner — voire de faire un peu moins cher pour « être sûr de décrocher ». C'est le piège n°1. Le prix de votre voisin reflète SES coûts, SA structure, SES choix — pas les vôtres. En vous calant sur lui, vous pilotez à l'aveugle : vous ne savez même pas si, vous, vous gagnez de l'argent. Un prix juste se calcule à partir de votre réalité, pas de celle d'à côté.

Un prix doit couvrir quatre choses, pas une

Beaucoup ne couvrent que la première. Pourtant, un prix sain doit financer, dans l'ordre : (1) vos coûts directs — matière, sous-traitance, ce que la prestation consomme ; (2) vos charges de structure — loyer, assurances, comptable, logiciels, déplacements ; (3) votre rémunération — oui, votre salaire, pas seulement « ce qui reste » ; (4) une marge, pour investir, encaisser les coups durs et préparer demain.

Si votre prix ne couvre que les points 1 et 2, vous travaillez gratuitement. S'il ne couvre pas le point 4, vous survivez sans jamais avancer.

Le calcul qui change tout : votre coût de revient

Avant de parler de prix de vente, posez votre coût de revient : combien vous coûte réellement de produire une prestation, une fois tout compté — y compris votre temps. Pour une activité de service, le réflexe est de calculer un taux horaire : additionnez vos charges annuelles + le salaire que vous voulez vous verser + une marge, puis divisez par votre nombre d'heures réellement facturables.

Attention : facturables, pas travaillées. Entre la prospection, les devis, l'administratif et la formation, une grande partie de vos heures ne se facture pas. Si vous l'oubliez, votre taux horaire est faux — et trop bas.

Un exemple simple

Imaginons 35 000 € de charges annuelles, un salaire visé de 30 000 €, et une marge de 10 %. Cela fait environ 71 500 € à couvrir. Si vous facturez réellement 1 000 heures dans l'année (et non les 1 800 que vous travaillez), votre taux horaire minimum est de 71,50 €. Beaucoup, dans la même situation, facturent 45 €… et se demandent pourquoi ils n'y arrivent pas. Le chiffre ne ment pas : ce n'est pas qu'ils travaillent mal, c'est que leur prix ne tient pas.

Le prix, c'est aussi de la valeur

Votre coût de revient vous donne le plancher — le prix en dessous duquel vous perdez de l'argent. Mais le prix de vente, lui, doit refléter la valeur que vous apportez : le problème que vous résolvez, le temps que vous faites gagner, la tranquillité que vous offrez. Deux artisans au même coût peuvent vendre à des prix très différents selon ce qu'ils font vivre à leurs clients. Ne vous bradez pas : un prix trop bas envoie aussi un mauvais signal — celui d'un travail « pas cher », donc supposé moins bon.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Prenez une heure, au calme. Calculez votre coût de revient et votre taux horaire minimum réel (heures facturables, pas travaillées). Comparez-le à ce que vous facturez aujourd'hui. Si l'écart fait mal, ne le subissez pas : c'est exactement l'information qui vous manquait pour décider. Augmenter de 10 %, sélectionner vos clients, arrêter une prestation qui vous coûte plus qu'elle ne rapporte… vous ne pourrez le faire sereinement qu'avec le chiffre sous les yeux.

Aller plus loin

Bien fixer son prix, c'est une base. Encore faut-il piloter la trésorerie qui en découle. Dans ma conférence offerte (gratuite, ~10 min), je montre par un cas concret comment des entreprises pourtant rentables finissent à sec — et ce qui change quand on regarde ses chiffres autrement.

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François Muller — Stratégies

Le bras droit des dirigeants de TPE et PME. Accompagnement et formations en ligne partout en France, en présentiel en Normandie

Questions fréquentes

Comment savoir si mes prix sont trop bas ?

Le signe qui ne trompe pas : un carnet de commandes plein et un compte en banque vide. Si vous travaillez beaucoup sans dégager de rémunération correcte ni de trésorerie, le problème est presque toujours dans le prix — pas dans la quantité de travail.

Vais-je perdre des clients si j'augmente mes prix ?

Peut-être quelques-uns — souvent les moins rentables et les plus exigeants. Une hausse expliquée, accompagnée d'une offre claire, fait rarement fuir les bons clients. Et il vaut mieux perdre 10 % de clients que de travailler à perte sur 100 % d'entre eux.

Par où commencer concrètement ?

Par le calcul de votre taux horaire de production : charges annuelles complètes divisées par vos heures réellement facturables. C'est la base de tout juste prix — la méthode détaillée est dans mon article sur le calcul du taux horaire et dans l'épisode 8 de ma série vidéo.

François Muller — Stratégies · 25 ans de direction d'entreprise, 15 ans d'accompagnement des dirigeants de TPE et PME.
Publié en juillet 2026 · Mis à jour le 3 octobre 2026.
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